Jeune fille tenant la Terre dans sa main
Style de vie

Voyager écolo sans laisser de traces…

 

S’il s’avère toujours intéressant de rouler sa bosse à travers les magnifiques paysages qui parsèment la planète, nos envies de voyage ne sont pas que l’occasion de s’évader, elles ont aussi leurs conséquences sur la santé de notre planète. Le globe-trotter en vous a-t-il un sac à dos vert ? Êtes-vous du genre à laisser votre conscience écologique à la maison ou avez-vous le courage de la traîner dans vos bagages ? Partez l’âme en paix avec ces quelques astuces pour voyager écolo. Afin de rester dans le ton, j’ai poussé la note jusqu’à recycler quelques citations sur le voyage que je partage avec vous : 100 % biodégradables ! Faites-en du compost de cerveau si ça vous chante !

 

Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas

Lao-Tseu

 

 

 

 

Pour les débutants — limitez le gaspillage

Je suis prête à parier ma maison, à mettre ma main au feu ou même à me ridiculiser sur la place publique en interprétant ma version disco de la danse des canards (les classiques, il ne faut jamais que ça se perde !) si je me trompe : vous avez sûrement dit au moins mille fois à vos enfants de ne pas gaspiller l’eau, de fermer les lumières ou toute autre fameuse phrase du genre invitant à la modération. Pourquoi vous priver d’un tel plaisir en vacances ? Gardez vos bonnes habitudes et continuez de radoter allègrement ! De toute manière, si vous avez décidé de vous payer un séjour à l’hôtel, vous n’avez pas de ménage à faire pour une semaine ! Vous disposerez ainsi de toute l’énergie requise pour inciter vos enfants et votre conjoint à une consommation judicieuse des ressources…

 

Par ailleurs, vous aurez l’immense privilège de faire votre B A à l’intention de votre femme de chambre. Comment ? D’abord, évitez de remplir les poubelles de votre chambre avec les petites bouteilles de shampooing ou de crème ainsi que les savons miniatures que vous aurez utilisés à moitié à la fin de la semaine. Apportez plutôt vos propres produits (idéalement sans phosphate) dans de petits contenants de voyage que vous pourrez remplir et réutiliser lors de chacune de vos escapades. Par ailleurs, indiquez à votre femme de chambre que vous réutiliserez vos serviettes de bain. Cela évite les lavages fréquents et donc un grand gaspillage d’eau. Lorsque vous quittez votre havre de paix, n’oubliez pas de fermer les lumières et les appareils électriques. Nul besoin d’enrichir la compagnie d’électricité locale. Vous avez déjà assez d’expérience avec les augmentations de tarifs d’Hydro-Québec… Évidemment, si vous avez l’âme écolo, vous pouvez opter pour le camping plutôt que l’hôtel, beaucoup moins dommageable en guise de trace écologique.

 

 

 

Pour les voyageurs patients (et en forme !) — Transport extrême

 

Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux

Marcel Proust

 

Le transport est au cœur d’une large partie des dommages potentiels du tourisme sur l’environnement. Or, certains choix peuvent limiter les dégâts. Si vous vous rendez à destination en voiture, habituez-vous d’ores et déjà à la chaleur de votre destination de voyage en utilisant le moins possible votre climatiseur, qui fait monter en flèche votre consommation d’essence. Ne soyez pas trop pressé de vous rendre à bon port : admirez les somptueux (!!!) paysages de l’autoroute 20 ou de toute autre magnifique voie rapide. Si cela vous semble un argument ridicule (vous avez raison !), permettez-moi de tenter de vos convaincre autrement en vous avisant que rouler à 120 km/h plutôt qu’à 100 km/h augmente la quantité de carburant nécessaire de 20 %. Ce n’est pas rien ! Qui plus est, cela pourrait vous occasionner des rencontres de voyage non sollicitées avec un policier local qui ne se laissera peut-être pas impressionner par vos beaux yeux et qui vous remettra un souvenir impérissable de votre randonnée : une fantastique contravention !

 

Une fois sur place, privilégiez la marche ou le vélo. Vous pouvez aisément en louer sur place. Deux avantages indéniables : vous pourrez apprécier davantage la vie locale et vous garderez la forme (surtout si vous voyagez au royaume du restaurant-minute, chez nos voisins du Sud un peu enrobés)… Vous reviendrez de voyage ragaillardi ! Évidemment, les transports en commun locaux constituent aussi une option intéressante. Ce n’est pas si compliqué que cela. Avec un peu de bonne volonté, vous y ferez potentiellement des rencontres passionnantes et colorées avec des gens de la place. Ces derniers sont d’ailleurs bien placés pour vous conseiller de bons restaurants ou des attractions dignes d’intérêt.

 

 

 

Pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux — ici plutôt qu’ailleurs…

 

Quand on est bien dans sa peau, voyager, c’est être ailleurs, ce n’est plus être loin

Isabelle Adjani

 

S’il est tentant d’aller voir le soleil sur les plages du Mexique, il n’en demeure pas moins que c’est le même astre qui tente de nous griller la couenne au Québec. Vous me direz que cette grosse boule de feu manque un peu de motivation en notre contrée nordique, mais tout de même, avouez que le soleil, sous le ciel québécois, peut avoir une bouille sympathique quand il y met un peu du sien. En optant pour des vacances au cœur de notre province, vous faites un choix plus écologique et vous favorisez en plus l’économie locale. De toute manière, les enfants apprécient généralement les vacances, quelles qu’elles soient. Le camping et la nature les ravissent. Tant que l’attitude positive de chacun y est, le plaisir est au rendez-vous à 250 km d’ici autant qu’à 2 500 km !

 

 

 

Pour les durs à cuire — Objectif, zéro déchet

 

Les voyages développent la mémoire : c’est toujours à destination

 que l’on se souvient d’avoir oublié quelque chose

Anonyme

 

En voyage, nous sommes susceptibles de créer davantage de déchets. La restauration rapide, les collations apportées lors de vos journées d’escapade : tout est prétexte à ce que vous et la poubelle deveniez des intimes. Dans la mesure du possible, tentez d’éviter les emballages et les sacs jetables. Traînez vos boissons dans des bouteilles réutilisables ou des gourdes. Procurez-vous des collations qui ne sont pas emballées individuellement ou, si vous avez l’âme d’un chef cuisinier, préparez des collations maison et déposez-les dans des contenants réutilisables. Rapportez vos déchets biodégradables plutôt que de les laisser sur les lieux. Apportez vos sacs réutilisables dans vos bagages. De plus, si votre chambre d’hôtel est dotée d’une petite cuisinette, optez pour des repas maison aussi souvent que possible plutôt que pour la restauration rapide, qui créé tout un lot de déchets, sans parler d’un tour de taille non enviable…

 

 

 

Pour les économes – soyez « gratteux » !

 

Les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu’on est revenu !

Sacha Guitry

 

Que Séraphin Poudrier soit ou non un modèle pour vous, n’hésitez pas à être radin avant d’entreprendre votre voyage. Vous dépenserez déjà bien assez une fois sur les lieux. Si vous devez vous procurer de l’équipement ou des objets qui ne vous serviront plus (ou si peu) après le voyage, pourquoi acheter neuf (à moins que vous ne teniez à faire votre « frais » ou votre « fraîche », mais ça vous regarde !) ? Faites une première escapade virtuelle à destination des petites annonces pour acheter usagé ou, mieux, empruntez à vos amis voyageurs. Vous leur rendrez la pareille en gardant leurs enfants un moment donné ou en leur prêtant, lors de leur prochain voyage, un bidule quasi inutile auquel vous n’aurez pu résister à l’achat.

 

 

 

Pour ceux qui ont la culpabilité facile — soyez généreux !

Le voyage est un retour vers l’essentiel

Proverbe tibétain

 

Je viens de vous dire d’être économe et je change mon fusil d’épaule ? En fait, je vous propose de payer volontairement une écotaxe pour compenser vos émissions de CO2. Plusieurs sites Web vous permettent de calculer les émissions générées par votre voyage, puis de faire un don à un organisme qui finance des projets pour la réduction du CO2 dans le monde. Visitez, par exemple, le programme Action Carbone Solidaire de la fondation GoodPlanete pour calculer vos émissions et effectuer un don. Vous pouvez aussi opter pour l’écotourisme. Plus cher que le tourisme régulier, mais moins dommageable pour la planète. Certains organismes se spécialisent dans l’organisation de ce type de voyage, dont Amerik Aventure. Vous pourrez partir en vous sentant moins coupable de polluer…

 

 

 

Écolo ici, écolo ailleurs…

 

On ne saurait aller chercher trop loin le plaisir de rentrer chez soi

Paul Morand

 

Votre conscience écologique a tout intérêt à se retrouver dans vos bagages. Elle ne les surchargera pas, mais elle pèsera lourd dans la santé de notre planète. Et qui sait, vous pourrez peut-être même recycler votre conjoint contre un sensuel G.O. cubain. Euh… je m’éloigne du sujet, désolée. Le soleil me tape sur la tête, je crois… Enfin, passez de bonnes vacances écolos !

 

 

Texte : Anik Routhier

 

 

À LIRE AUSSI : Les toits du monde : magiques et écologiques

 

 

 

 

 

Catégorie secondaire

    Un commentaire pour “Voyager écolo sans laisser de traces…”

    Ajouter un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *